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CANADA: Prisonniers de l'hiver


Un article de canoe.com le premier site d'info canadien

Si vous croyez que les trottoirs de Montréal sont difficilement praticables à Montréal, imaginez deux secondes ce qu'en pensent les personnes qui se déplacent en fauteuil roulant.


«Nous sommes condamnés à rester à la maison, à regarder la télévision et à pitonner sur l'ordinateur. Les trottoirs sont trop dangereux et on a peur de sortir.»


Joseph Moreau, 50 ans, sait de quoi il parle. Prisonnier de son fauteuil roulant depuis 21 ans, trois fois dans sa vie il est tombé sur les trottoirs de Montréal, dont deux fois depuis deux mois à cause de la glace.


Le 23 décembre, il s'est retrouvé dans une ambulance après que son fauteuil roulant électrique se soit renversé dans la rue Champlain, entre Lafontaine et Logan.


Et cette semaine, il a perdu le contrôle de son engin sur une plaque de glace, rue Fullum. Il a fini sa course dans une automobile stationnée et s'est une fois de plus retrouvé à l'hôpital


Il s'en est sorti avec une entorse à une cheville lors du premier accident et avec une foulure au genou lors du second. Son genou mauve et rouge ne laisse aucun doute sur l'ampleur de la blessure.


«L'année dernière, on n'a rien dit. Mais cette année, je ne peux pas accepter qu'on doive encore devoir passer l'hiver en dedans», dit-il.


Peur de parler, peur de sortir


Joseph Moreau a donc fini de se taire. Le 26 janvier, il est allé à l'hôtel de ville pour prendre la parole lors de l'assemblée du conseil municipal.


«J'ai dit au maire que son frère Marcel Tremblay recommandait peut-être aux piétons de s'acheter des crampons, mais je lui ai demandé comment on pouvait poser des crampons sur un fauteuil roulant!»


Il n'a pas eu de réponse, il va sans dire...


«Les personnes handicapées ont peur de parler parce qu'elles sont vulnérables. Les personnes âgées aussi ont peur de parler et peur de marcher sur les trottoirs», reprend-il.


Porte de secours non déneigée


Pas besoin d'aller bien loin pour se convaincre que les trottoirs sont impraticables.


En face du HLM où il habite, rue Logan, les morceaux de glace sont tels que son fauteuil veut basculer ou reste pris à chaque mètre de trottoir. Impossible de circuler.


L'entrée avant, au moins, est déneigée. On ne peut cependant pas en dire autant de la porte de secours, qui ne serait d'ailleurs d'aucun secours pour une personne à mobilité réduite.


Pour l'ensemble de l'oeuvre, Joseph Moreau promet maintenant de lancer une pétition contre l'administration Tremblay, seule option qui lui reste.


La troisième et seule autre fois en deux ans où M. Moreau est tombé avec sa chaise roulante sur un trottoir, c'est en roulant sur des panneaux de contreplaqué placés par-dessus un trou. «Je suis tombé dans un trou de deux pieds de profondeur», se souvient-il.





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