La différence d'âge et le couple
La différence d'âge est-elle un obstacle à l'amour?
Demi Moore et son mari Ashton Kutcher, acteurs tous les deux et 15 ans de différence au compteur. Madonna, 50 ans et son dernier amant, 20 ans et des poussières. Au royaume des stars la différence d'âge dans les couples ne choquent plus personne. Est-ce le cas pour le commun des mortels? L'âge est-il un obstacle à l'amour?
Un article publié sur pelerininfo.com
Selon un récent sondage (1), seuls 3 % des Français estiment en effet que la différence d’âge idéale entre deux conjoints est de plus de dix ans lorsque l’homme est plus âgé. Ils ne sont plus que 1 % à partager cette opinion lorsque la femme est l’aînée. « Ces couples doivent affronter l’ironie de leur entourage et se justifier en permanence sur leur choix. Pour la société, leur mariage va forcément se révéler fragile à terme », explique Bernadette Puijalon, anthropologue.
Ces unions sont-elles pour autant condamnées à battre de l’aile au fil des années ? « Tant que l’état de grâce lié à la rencontre perdure, non. Le problème, c’est qu’il n’est pas éternel et que les conjoints sont tôt ou tard rattrapés par la réalité, surtout lorsque l’écart d’âge est générationnel. A partir d’un certain âge, les années qui passent comptent double pour l’aîné. Les partenaires n’évoluent plus au même rythme, physiquement et mentalement. Un décalage entre leurs aspirations peut se creuser et provoquer des incompréhensions », estime Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre.
Demi Moore et son mari Ashton Kutcher, acteurs tous les deux et 15 ans de différence au compteur. Madonna, 50 ans et son dernier amant, 20 ans et des poussières. Au royaume des stars la différence d'âge dans les couples ne choquent plus personne. Est-ce le cas pour le commun des mortels? L'âge est-il un obstacle à l'amour?Un article publié sur pelerininfo.com
Selon un récent sondage (1), seuls 3 % des Français estiment en effet que la différence d’âge idéale entre deux conjoints est de plus de dix ans lorsque l’homme est plus âgé. Ils ne sont plus que 1 % à partager cette opinion lorsque la femme est l’aînée. « Ces couples doivent affronter l’ironie de leur entourage et se justifier en permanence sur leur choix. Pour la société, leur mariage va forcément se révéler fragile à terme », explique Bernadette Puijalon, anthropologue.
Ces unions sont-elles pour autant condamnées à battre de l’aile au fil des années ? « Tant que l’état de grâce lié à la rencontre perdure, non. Le problème, c’est qu’il n’est pas éternel et que les conjoints sont tôt ou tard rattrapés par la réalité, surtout lorsque l’écart d’âge est générationnel. A partir d’un certain âge, les années qui passent comptent double pour l’aîné. Les partenaires n’évoluent plus au même rythme, physiquement et mentalement. Un décalage entre leurs aspirations peut se creuser et provoquer des incompréhensions », estime Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre.
Les problèmes physiques
L’apparition des premiers problèmes physiques liés à l’âge peut être source d’inquiétude ou de conflits. « Lorsque ma mère avait 68 ans, mon père en avait déjà 90. C’était un vieil homme. Les dernières années de sa vie ont été très difficiles. Maman l’assistait comme une infirmière. Lui se sentait coupable de lui imposer cela », raconte Isabelle, 45 ans.
Conséquence ? Il n’est pas rare que le contrat tacite qui liait les époux à l’origine soit remis en cause après quelques années de vie commune, par la force des choses. « Le conjoint plus jeune peut se sentir peu à peu étouffé, et vivre l’aile protectrice du plus âgé comme une entrave à mesure qu’il mûrit et prend confiance en lui. A contrario, l’aîné peut se sentir enfermé dans ce rôle protecteur, parce qu’il ne lui correspond plus et ne suffit plus à combler ses attentes », résume la conseillère conjugale Noëlla Jarousse.
Conséquence ? Il n’est pas rare que le contrat tacite qui liait les époux à l’origine soit remis en cause après quelques années de vie commune, par la force des choses. « Le conjoint plus jeune peut se sentir peu à peu étouffé, et vivre l’aile protectrice du plus âgé comme une entrave à mesure qu’il mûrit et prend confiance en lui. A contrario, l’aîné peut se sentir enfermé dans ce rôle protecteur, parce qu’il ne lui correspond plus et ne suffit plus à combler ses attentes », résume la conseillère conjugale Noëlla Jarousse.
Une complémentarité qui s'amenuise
« Lorsqu’elles s’unissent à un homme plus âgé, la plupart des jeunes femmes ont tendance à rechercher inconsciemment chez lui l’image d’un père. Elles attendent de leur conjoint protection et sécurité. Ce dernier est souvent lui aussi en quête de réassurance. Grâce à sa compagne, il se sent protecteur, et donc valorisé », précise Jacques-Antoine Malarewicz.
Néanmoins, cette belle complémentarité peut s’effriter et se révéler éphémère. Une situation vécue par Véronique, 41 ans, mariée pendant dix-huit ans à Christian, 61 ans. « Lorsque j’ai connu Christian à l’âge de 23 ans, je ne savais pas encore qui j’étais. Il y a quelques années, nous avons perdu un enfant. Ce drame m’a fait grandir. L’attitude paternelle de mon époux m’est devenue insupportable. Il l’a très mal vécu. »
Néanmoins, cette belle complémentarité peut s’effriter et se révéler éphémère. Une situation vécue par Véronique, 41 ans, mariée pendant dix-huit ans à Christian, 61 ans. « Lorsque j’ai connu Christian à l’âge de 23 ans, je ne savais pas encore qui j’étais. Il y a quelques années, nous avons perdu un enfant. Ce drame m’a fait grandir. L’attitude paternelle de mon époux m’est devenue insupportable. Il l’a très mal vécu. »
Redouter la disparition de son conjoint
La différence d’âge est également source de peurs spécifiques, chez le conjoint plus âgé. « La crainte de ne plus être désirable et de voir sa compagne lui préférer quelqu’un de plus jeune s’accroît parfois au fil des années. Celle de la frustrer en lui imposant un rythme de vie qui ne la satisfasse plus, aussi », explique Muriel Baccigalupo, sexologue.
De fait, les frustrations n’épargnent pas le cadet du couple. Ce dernier peut avoir le sentiment de passer à côté de certaines expériences, déjà vécues par son partenaire, ou redouter de voir son conjoint disparaître trop vite. A l’image de Sandrine, 36 ans, unie depuis dix ans à Rodolphe, 57 ans. « Depuis que Rodolphe a été très malade, je m’inquiète beaucoup. Parfois, c’est lourd. Je me demande comment notre fils pourrait grandir sans son père », confie-t-elle.
De fait, les frustrations n’épargnent pas le cadet du couple. Ce dernier peut avoir le sentiment de passer à côté de certaines expériences, déjà vécues par son partenaire, ou redouter de voir son conjoint disparaître trop vite. A l’image de Sandrine, 36 ans, unie depuis dix ans à Rodolphe, 57 ans. « Depuis que Rodolphe a été très malade, je m’inquiète beaucoup. Parfois, c’est lourd. Je me demande comment notre fils pourrait grandir sans son père », confie-t-elle.
Face au désir d'enfant
Car la question des enfants, présents ou espérés, s’avère délicate au sein de ces couples. Le conjoint le plus âgé, s’il s’est déjà réalisé en tant que père, par exemple, rechigne en effet souvent à l’être à nouveau, alors que pour sa compagne, devenir mère est une nécessité. Sandrine en a fait l’expérience. « A cause de la santé fragile de mon époux, nous pensons qu’il ne serait pas raisonnable d’avoir un second bébé. Mais il m’a fallu du temps pour me faire à cette idée. Jamais je n’aurais imaginé ma vie avec un seul enfant », soupire Sandrine.
Et le désir d’enfant se pose de manière plus radicale lorsqu’il existe un écart d’âge important. « Les partenaires résonnent en termes de “maintenant ou jamais”. Or, celui qui cède peut avoir l’impression de se sacrifier, ce qui risque de fragiliser le couple à terme », explique Muriel Baccigalupo. Sylvie, fonctionnaire de 40 ans qui partage depuis treize ans la vie de Raphaël, 57 ans, ne pense pas autrement. « Au départ, mon époux refusait catégoriquement d’avoir un bébé, car il avait déjà eu une fille d’un premier mariage. Il a fini par changer d’avis en réalisant à quel point c’était important pour moi. Je crois que s’il ne l’avait pas fait, cela aurait laissé des traces entre nous. »
Des valeurs différentes à transmettre
Par ailleurs, lorsqu’ils deviennent parents, les conjoints ont parfois le plus grand mal à accorder leurs violons sur les valeurs qu’ils souhaitent transmettre à leur enfant et sur la manière de le faire. « Ces divergences sont liées à l’éducation qu’ils ont reçue et au contexte culturel dans lequel ils ont évolué. Or, ces derniers sont souvent différents, quand on n’appartient pas à la même génération. D’où certaines mésententes », commente Noëlla Jarousse.
Autre danger, notamment pour les hommes lorsqu’ils deviennent père à un âge avancé : adopter davantage une posture de grand-père que de père ! « Mon mari cède tout à notre fils », regrette ainsi Sylvie. En outre, face à des parents d’âge différent, les enfants peuvent éprouver des difficultés à trouver leur place et assumer, malgré eux, un rôle délicat au sein de la famille. « Après vingt ans de mariage, mes parents n’avaient plus ni amis ni loisirs communs. Ma sœur et moi étions leur dernière raison d’être ensemble. C’était très lourd à porter », se souvient Isabelle.
Autre danger, notamment pour les hommes lorsqu’ils deviennent père à un âge avancé : adopter davantage une posture de grand-père que de père ! « Mon mari cède tout à notre fils », regrette ainsi Sylvie. En outre, face à des parents d’âge différent, les enfants peuvent éprouver des difficultés à trouver leur place et assumer, malgré eux, un rôle délicat au sein de la famille. « Après vingt ans de mariage, mes parents n’avaient plus ni amis ni loisirs communs. Ma sœur et moi étions leur dernière raison d’être ensemble. C’était très lourd à porter », se souvient Isabelle.
Une attention soutenue
Comment surmonter ces obstacles, alors que quelques années plus tôt, on croyait dur comme fer que l’amour serait plus fort que tout ? « En admettant que l’écart d’âge oblige chaque conjoint à une attention particulière et soutenue. Dans ces couples peut-être plus que dans les autres, il faut être à l’écoute, faire régulièrement le point et accepter de se remettre en cause », recommande Jacques-Antoine Malarewicz.
Un conseil suivi depuis toujours par Sophie et Jean-Marie, que près de vingt années séparent. « Nous avons le dialogue facile. Dès que l’un ou l’autre éprouve une gêne, nous en parlons avant que les choses ne s’enveniment », résume Sophie. Daniel, le Normand d’adoption, s’est lui aussi initié à l’art des concessions. « Ma femme et moi devons partir en thalassothérapie. Mais s’il le faut, nous attendrons qu’elle ait terminé ses dossiers en retard au bureau », résume Daniel.
Un conseil suivi depuis toujours par Sophie et Jean-Marie, que près de vingt années séparent. « Nous avons le dialogue facile. Dès que l’un ou l’autre éprouve une gêne, nous en parlons avant que les choses ne s’enveniment », résume Sophie. Daniel, le Normand d’adoption, s’est lui aussi initié à l’art des concessions. « Ma femme et moi devons partir en thalassothérapie. Mais s’il le faut, nous attendrons qu’elle ait terminé ses dossiers en retard au bureau », résume Daniel.
Ne pas sacrifier ses désirs
Etre attentif à l’autre ne signifie pas pour autant sacrifier tous ses désirs aux siens. « Dans ces couples, la capacité à trouver un juste équilibre entre ses centres d’intérêt et ceux du conjoint est primordiale. Car, en reniant son âge ou en calquant ses goûts sur ceux de l’autre, on éprouve tôt ou tard le sentiment pénible de se trahir », recommande Noëlla Jarousse. Unis depuis vingt-huit ans, Marguerite, 64 ans, et Guy, 74 ans, ont su éviter ce piège. « Je suis conseiller de quartier et je préside une association de retraités. Mon épouse prend des cours d’espagnol et de gymnastique. Mais chaque samedi, nous nous retrouvons avec plaisir pour randonner », sourit Guy.
Restent les relations avec les autres membres de la famille qui, parfois, ne mâchent pas leurs critiques. « Il faut faire preuve d’une vraie force de caractère pour résister au travail de sape dû aux remarques répétées de l’entourage et de la société », explique Bernadette Puijalon. Une indépendance d’esprit qu’ont acquis naturellement Sophie et Jean-Marie : « Aujourd’hui, les jugements négatifs nous passent par-dessus la tête. Nous nous aimons. Et c’est l’essentiel ! »
Restent les relations avec les autres membres de la famille qui, parfois, ne mâchent pas leurs critiques. « Il faut faire preuve d’une vraie force de caractère pour résister au travail de sape dû aux remarques répétées de l’entourage et de la société », explique Bernadette Puijalon. Une indépendance d’esprit qu’ont acquis naturellement Sophie et Jean-Marie : « Aujourd’hui, les jugements négatifs nous passent par-dessus la tête. Nous nous aimons. Et c’est l’essentiel ! »
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