Crise: les retraités américains reprennent du service

Publié le par yakapa

Crise oblige, des entreprises américaines font appel à des retraités. Et pas dans n'importe quel domaine puisque ce sont d'anciens chercheurs qui sont appelés à reprendre du service...

Des grandes entreprises en mal d'employés

C'est un partenariat gagnant- gagnant! D'un côté des retraités qui arrondissent leurs fins de mois. De l'autre, des entreprises qui ont accès à un pool de scientifiques créatifs et bon marché. « Nous offrons à chaque chercheur ce qu'il gagnait avant de partir en retraite, assure Brad Lawson. Le salaire est donc correct, mais l'entreprise ne paie ni frais de recrutement, ni frais de licenciement. Une fois la mission achevée, le chercheur repart vers de nouvelles aventures. Et en prime, il laisse derrière lui des idées neuves, surprenantes... auxquelles les propres scientifiques de la maison n'avaient pas obligatoirement pensé. »

Brad Lawson cite notamment le travail d'un ingénieur de Boeing sur un produit de grande consommation destiné aux nourrissons. L'ingénieur, qui avait l'habitude de réaliser le design de ses avions à partir d'un logiciel particulier, a appliqué la même méthode aux produits pour nourrissons et a ainsi créé beaucoup plus vite un nouveau design... en évitant la construction de plusieurs prototypes. Les vieux briscards ont plus d'un tour dans leur sac.


Paul Sagel, ingénieur chimiste de 59 ans et ancien salarié du groupe Procter & Gamble, se dit maladivement curieux. Si bien que l'heure de la retraite approchant, il n'était pas question d'arrêter de travailler brutalement. « Je n'en avais aucune envie, avoue-t-il. J'adore la recherche et je voulais rester en contact avec mes pairs ».

Cela tombe bien. Quand Paul Sage a quitté Procter & Gamble, il a entendu parler de la société Your- Encore, une structure installée à Indianapolis qui propose les services de scientifiques retraités aux grandes entreprises américaines. Brad Lawson, le président de Your- Encore, se souvient de ses débuts en 2003, encouragés par les industriels du cru. « Nous avions tout juste 30 anciens de Procter & Gamble, 20 chercheurs envoyés par le laboratoire Eli Lilly et 20 retraités de Boeing. »

 

Une situation qui concerne des milliers d'experts seniors

 

Depuis, la société a fait du chemin. Le bouche-à-oreille a permis d'élargir le cercle des chercheurs. YourEncore affiche aujourd'hui un réseau de 4.000 experts seniors. Et 25 entreprises clientes leur proposent régulièrement des missions courtes de quelques semaines, parfois des travaux plus longs, capables d'occuper un chercheur à l'année. L'entreprise prend à sa charge les éventuels frais de formation ; le senior, lui, promet de respecter les règles de la compagnie en termes de confidentialité. Paul Sagel a ainsi travaillé dans l'industrie de la santé, de l'automobile et pour Procter & Gamble. Il vient d'achever sept mois de travail en équipe pour mettre au point un nouvel aliment P&G. « Cela me permet de rester au courant, explique-t-il. Je suis l'évolution des technologies, les nouvelles tendances. Le tout sans être débordé. »

De même, Bob Lew, 53 ans, ancien médecin urgentiste de l'hôpital Saint-Vincent d'Indianapolis, a planché sur les procédures d'autorisation de mise sur le marché d'un nouveau médicament. Sa mission : vérifier les informations transmises par les laboratoires pharmaceutiques à l'agence du médicament FDA (Federal Drug Administration) et faire en sorte que l'introduction sur le marché soit la plus rapide possible. « Je suis toujours actif, dit il. Et j'ai ajouté une nouvelle corde à mon arc, car j'ai suivi une formation pour comprendre ce qu'on attendait de moi. »

 

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Publié dans Technologie

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