Une quinquagénaire court encore Merlène Ottey

Publié le par yakapa

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L'ex-championne jamaïcaine Merlene Ottey, engagée à 50 ans avec le relais slovène du 4X100 m aux Championnats d'Europe d'athlétisme samedi à Barcelone, est la partie médiatique d'un phénomène sociétal qui invite à une activité physique jusqu'à un âge avancé.

Vice-président de la Fédération française d'athlétisme (FFA), Michel Marle, 74 ans, peint le cadre en trois termes: santé, plaisir, compétition.

 

C'est un fait, du moins dans les pays industrialisés, que le terrien travaille moins et vit plus longtemps que ses parents et grands-parents.

 

Pour d'évidentes raisons commerciales, il est aussi conduit à consacrer du temps, surtout dans les dernières étapes de sa vie, aux loisirs et en particulier au sport, synonyme de santé et bien-être, parfois à tort.

 

«C'était un marathon de New York où on avait présenté un participant de 87 ans. Je me suis ouvert une perspective, en me disant: il te reste alors encore 27 ans», se souvient M. Marle, vainqueur de l'édition 2008 du Marathon des sables dans la catégorie plus de 70 ans.

 

«On voit de plus en plus de gens qui n'ont quasiment jamais pratiqué, ou qui ont fait une longue pause, se remettre à une activité à la retraite», note Jean-Michel Serra, médecin à la Fédération française d'athlétisme (FFA) où les vétérans (plus de 40 ans) représentent près de 20% des licenciés. A ceux-là, la Faculté préconise prudence et examen cardiaque préalable.

 

Tendance

 

«Désormais, sur les marathons, on trouve aussi bien des agriculteurs de Mayenne (département de l'Ouest de la France) que des célébrités. C'est tendance», remarque un observateur. Les présidents américain Bill Clinton et français Nicolas Sarkozy ont ouvert la voie, sans parler de l'ancien champion cycliste Laurent Jalabert et du chanteur Bono, qui a participé au marathon de Londres où le Charity Business fait fureur.

 

«Pour les femmes surtout, la course à pied et la marche nordique, très en vogue, sont un moyen facile d'entretenir son corps, de surcroît à bas coût», remarque Gilles Bertrand, créateur des magazines sportifs VO2 et Endurance.

 

La victoire à 37 ans du marathonien portugais Carlos Lopes aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984, avait fait sensation. «L'effet du temps se fait plus sentir sur les distances brèves que sur le fond, où le mental est important», ajoute le Dr Serra.

 

D'ailleurs, il ne faut pas s'y tromper: Ottey, l'athlète la plus couverte de médailles mondiales et olympiques, est désormais à près d'une seconde de ses meilleurs chronos d'antan sur 100 m. «Avec l'âge il y a une dégradation des fibres musculaires», rappelle le Dr Serra.

 

Encore demi-finaliste des Europe 2006 à Göteborg, Ottey peut continuer à vivre de l'athlétisme. C'était impensable il y a un demi-siècle. L'Australien Herb Elliott, considéré comme le plus grand demi-fondeur de tous les temps, avait déjà sa carrière athlétique derrière lui à 22 ans. Invaincu pendant cinq ans, il avait gagné tout ce qu'il y avait à gagner à l'époque. C'est-à-dire les JO et la gloire.

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