Gare à l'usure!

Publié le par yakapa

L'arthrose est l'une des maladies qui touche le plus les personnes âgées. Où vient-elle comment la combattre? Comment endiguer ce fléau qui touche nos retraités?!

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Arthrose : qu’est-ce que c’est?

L'arthrose est une affection chronique qui engendre des douleurs persistantes aux articulations. Elle est la forme d’arthrite la plus fréquente : un Canadien sur dix en souffre1.

La plupart du temps, une seule articulation est touchée. Celles du genou, de la hanche et de la colonne vertébrale le sont plus fréquemment. Il existe par ailleurs une forme d’arthrose généralisée et une autre qui touche les articulations des petits os de la main.

L’usure normale d’une articulation avec l’âge ne devrait pas causer d’arthrose. Cela dit, les mouvements répétitifs et les microtraumatismes répétés à une articulation font partie des facteurs de risque. Deux autres facteurs importants sont l'excès de poids et le manque d'activité physique.

Ce que l’arthrose provoque

Le cartilage s'use progressivement et perd ses qualités d'origine, c'est-à-dire sa souplesse et son élasticité. À cela vient s'ajouter une perte de qualité du liquide synovial, un liquide limpide et épais semblable à du blanc d’oeuf qui, normalement, lubrifie l’articulation (voir le schéma ci-dessus). On croit que l’arthrose serait le résultat d’un déséquilibre des mécanismes naturels de construction et de dégradation du cartilage, en faveur de la dégradation. Au début de la maladie, il n’y a pas de signe d’imflammation. Avec le temps, l’inflammation peut apparaître. L’inflammation se voit plus rarement dans les cas d’arthrose que dans d’autres formes d’arthrite.

Types d'arthrose

Lorsque la personne atteinte d’arthrose n’a pas de prédisposition évidente, on qualifie l’arthrose de « primaire ». Les maladies qui touchent les articulations, comme les maladies inflammatoires (arthrite rhumatoide,lopus, etc.) et les maladies métaboliques (diabète), prédisposent à l’arthrose. Il en va de même des blessures et des chirurgies à une articulation. Quand il y a prédisposition par l’une ou l’autre de ces situations, il s’agit d’arthrose secondaire.

Symptômes de l’arthrose

 

L'arthrose atteint chaque personne de manière différente.

  • De la douleur dans l’articulation atteinte à l’usage, après l’usage ou après une période d’inactivité.
  • Une sensibilité de l’articulation lorsqu’on applique une légère pression.
  • Une raideur de l'articulation, surtout au réveil ou après une période d'immobilité. La raideur matinale dure moins d’une heure.
  • Une perte progressive de flexibilité dans l’articulation.
  • De l’inconfort à l'articulation à la suite de changements de température.
  • L’apparition progressive de petites bosses à l’articulation.
  • Parfois, de l’inflammation (rougeur, douleur et enflure de l’articulation).

Personnes à risque

 

Voici les personnes à risque d’arthrose primaire.

  • Les personnes dont les articulations sont dans un mauvais axe.
  • Les personnes ayant une prédisposition héréditaire.

Facteurs de risque

Voici les facteurs de risque d’arthrose primaire.

  • L'obésité.
  • Les mouvements répétitifs occasionnés par le travail ou un sport, qui causent avec le temps des lésions aux articulations (voir la section spéciale articaltion sport travail).
  • Peu d’activité, ce qui diminue l’apport sanguin aux muscles et entraîne donc une mauvaise oxygénation du cartilage.
  • Le port de talons hauts (pour l'arthrose du genou).

Prévention de l’arthrose

Maintenir un poids santé

En cas de poids excédentaire, il est fortement recommandé de perdre du poids et de maintenir un poids santé. Le lien causal entre l'obésité et l'arthrose du genou est bien démontré. L’obésité entraîne des changements dans la démarche qui causent clairement l’arthrose du genou. Il a été déterminé que chaque tranche de 8 kg au-delà du poids santé durant la vingtaine accroît de 70 % le risque de souffrir plus tard d’arthrose du genou2. Les personnes sédentaires devraient s'assurer de planifier quelques activités sportives pour assurer un bon apport en oxygène à leurs articulations.

 

Prendre soin de ses articulations

Protéger ses articulations dans la pratique d’un sport ou d’un travail qui expose à un risque de blessure.

Dans la mesure du possible, éviter de faire des mouvements répétitifs de manière excessive ou de surutiliser une articulation. Le lien entre les traumatismes aigus et l’arthrose est cependant démontré de façon plus certaine qu’avec les microtraumatismes chroniques ou répétitifs.

Traitements médicaux de l’arthrose

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Il n’existe pas de traitement curatif pour le moment. De plus, on ne connaît aucun traitement qui peut retarder la destruction du cartilage. Les solutions médicales visent à soulager la douleur et la raideur à l’aide de médicaments. Ils varient selon l’intensité des symptômes.

Dans les cas plus graves, le médecin propose parfois une chirurgie. Consulter la fiche Arthrite pour connaître d'autres moyens d'apaiser la douleur.

Médicaments analgésiques

Acétaminophène. L'acétaminophène (Tylenol®, Tempra®) soulage la douleur. Ce médicament est fort efficace, surtout si l'arthrose est légère. Il est important de bien suivre le dosage recommandé, puisque de fortes doses peuvent endommager le foie.

Des analgésiques plus puissants peuvent être prescrits si les douleurs ne sont pas soulagées par l’acétaminophène ou par les autres médicaments. Certains contiennent une combinaison d’acétaminophène et de codéine. Ils peuvent cependant engendrer de la nausée, de la constipation et de la somnolence.

Médicaments anti-inflammatoires

Ces médicaments n'agissent pas sur l'évolution de l'arthrose, mais sur ses symptômes. On y a recours seulement lorsque l’acétaminophène à dose maximale ne parvient pas à soulager la douleur, étant donné leurs nombreux effets indésirables.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) classiques. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent aider à soulager la douleur et l’imflammation. La famille des AINS comprend l’ibuprofène (par exemple, Advil® et Motrin®), le kétoprofène (par exemple, Actron® et Orudis®) et le naproxène (par exemple, Anaprox® et Naproxen®). Certains s’obtiennent en vente libre et d’autres, plus puissants, nécessitent une ordonnance du médecin. On leur associe parfois des médicaments protecteurs de la paroi de l’estomac pour en diminuer les effets indésirables. Ils sont utilisés pendant la plus courte période possible, au besoin seulement. La consommation d’alcool est déconseillée durant le traitement.
Effets indésirables courants : des malaises gastro-intestinaux, comme des brûlures d’estomac, des ulcères ou des saignements digestifs parfois graves.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens inhibiteurs sélectifs de la Cox-2 (ou coxibs). Cette génération d'anti-inflammatoires, les inhibiteurs sélectifs de la cyclooxygénase-2 (Cox-2) ou coxibs, agit en inhibant un enzyme, la Cox-2, impliqué dans le processus inflammatoire. Ils sont moins préjudiciables à l’estomac que les anti-inflammatoires classiques. Le célécoxib (Celebrex®) en fait partie. Le meloxicam (Mobicox®) a aussi un effet inhibiteur sur la Cox-2, mais moins fortement que le célécoxib. Pour leur part, le rofecoxib (Vioxx®), le valdécoxib (Bextra®) et le lumiracoxib (Prexige®) ont été tour à tour retirés du marché par Santé Canada entre les années 2004 et 2007 en raison du risque d’effets secondaires graves qu’ils comportaient6,7. L’usage du célécoxib est généralement réservé aux personnes dont le risque de complications gastro-intestinales est jugé élevé et dont le risque de maladie cardio-vasculaire est faible.
Ces médicaments n’éliminent pas le risque de symptômes gastro-intestinaux et doivent être soumis à la même modération que les autres anti-inflammatoires.

Anti-inflammatoires topiques. Ce type d'anti-inflammatoire s'applique directement sur la région endolorie (par exemple, le Pennsaid®, du diclofénac en solution topique). Leur usage est normalement réservé aux personnes qui ne peuvent prendre d'AINS par voie orale. Enfin, en cas d'arthrose de la hanche ou de la colonne vertébrale, on ne sait pas si le médicament peut pénétrer assez profondément (jusqu'aux articulations) pour exercer son efficacité.

Injections de corticostéroïdes. Dans les cas plus graves, lorsque la personne a de la difficulté à se déplacer, le médecin prescrira des corticostéroïdes. Ce médicament est injecté directement dans l'articulation. Les personnes qui suivent ce traitement doivent s'attendre à un soulagement qui s’installe progressivement plutôt qu'immédiatement. Les corticostéroïdes peuvent être administrés seulement de deux à quatre fois par année, car ils peuvent présenter des effets secondaires importants, comme une perte de minéraux des os.

Chirurgie et autres traitements

Viscosuppléance. En cas d'arthrose du genou qui n’est pas trop avancée, il est possible d'injecter un gel qui permet à l'articulation de retrouver une meilleure élasticité. On appelle cette intervention « viscosuppléance ». Ce gel lubrifie le cartilage, ce qui permet de soulager la douleur et procure une meilleure mobilité. Cependant, les études menées jusqu’à présent indiquent que l’effet bénéfique de ce traitement est mineur comparativement à un traitement placebo, sinon nul.

Chirurgie. En cas d’échec du traitement médical et d’évolution défavorable de la maladie, des opérations chirurgicales peuvent être suggérées. L'arthroscopie permet de retirer des débris de cartilage et d'os dans l'articulation. D'autres interventions permettent de corriger les excroissances et les difformités osseuses, de souder les articulations ou de reconstruire une partie de l'articulation. En dernier recours, on procédera à une chirurgie de remplacement. L'articulation atteinte est remplacée par une articulation artificielle (une prothèse en métal ou en plastique).

 

La pratique du sport le meilleurs remède!



Conseils pratiques

Prenez soin de vos articulations faibles. Après avoir fait une activité qui sollicite plus intensément une articulation, accordez-vous une pause. De plus, ménagez une articulation douloureuse.

Modérez vos efforts physiques. Commencez un exercice ou un effort physique tranquillement et de manière sécuritaire pour éviter les blessures. Ne vous engagez pas dans des activités qui surpassent vos capacités.

Ayez une bonne posture. Tenez-vous bien droit en position debout afin de protéger les articulations de votre cou, de votre colonne vertébrale, de vos hanches et de vos genoux.

Soulevez les objets avec précaution. Accroupissez-vous et gardez le dos droit pour ramasser un objet par terre.

Évitez de rester immobile trop longtemps. Changez de position régulièrement afin dediminuer la raideur dans vos muscles et vos articulations.

Portez de bonnes chaussures. Si vous souffrez d'arthrose au genou ou à la hanche, portez des chaussures confortables avec de bonnes semelles qui amortissent les chocs et permettent une répartition adéquate du poids sur les pieds.

Utilisez des appareils spécialisés. Des appuis peuvent vous aider à soutenir vos articulations et ainsi faciliter le mouvement. La consultation d’un médecin ou d’un ergothérapeute aide à choisir les appareils adéquats : cannes, marchettes, chariots, et autres appuis.

Adaptez la maison au besoin. Un robinet adapté pour ne pas tordre le poignet et les doigts, des barres d'appui pour vous déplacer ou vous tenir debout, des couvercles adaptés, etc

 

 

Publié dans Santé

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