Ahmad JAMAL le virtuose du piano

Publié le par yakapa

Dans notre série "les seniors qui ont marqué le siècle" Ahmad Jamal est incontournable. Pianiste hors pair, il a joué avec les plus grands.


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Ahmad Jamal, né Frederick Russell Jones, est un pianiste et un compositeur de né le 2 juillet à  en Pennsylvanie.

Peu considéré par les critiques dans sa jeunesse, malgré (ou à cause d') un réel engouement public, il connaît aujourd'hui la situation inverse : peu connu du grand public, il jouit d'une réputation considérable de la part des acteurs de la scène jazz actuelle, qui n'ont de cesse de l'affubler des plus respectueux surnoms : « L’architecte », « Le prophète », « Ahmad le magnifique », « Le prestidigitateur du piano », « Le maître », « Le monstre aux deux mains droites »…

 

La meilleure façon de le connaître, c'est encore de l'écouter. Extrait.


Il subjugue aujourd'hui un public très mélangé. Inventeur infatigable de nouvelles combinaisons musicales, Ahmad Jamal est l'un des derniers grands génies du jazz des années cinquante et soixante. Son art est profondément ancré dans la culture afro-américaine aussi bien que dans l'univers des compositeurs savants européens. Lorsqu'on assiste au match qui fait se mesurer Ahmad Jamal et son piano, on reste ébahi par l'intensité de son jeu de mains, à la fois farouche et sobre. Et il en a été ainsi durant les cinquante années de sa carrière d'artiste. Il obtient quelques beaux succès commerciaux à ses débuts, puis forge patiemment son style. En 1958, son album “But not for me” présente un premier aboutissement de ses recherches sur le jeu en trio : l'album se vend à plus d'un million d'exemplaires. Mais, le pianiste disparaît quasiment de la scène avant de réapparaître au début des années soixante-dix. Trop souvent considéré comme un petit maître, il n'intéresse vraiment qu'une poignée de perspicaces, parmi lesquels figure un certain Miles Davis qui reprend l'un de ses magnifiques titres : “Ahmad's blues”. Dans les années quatre-vingt-dix, il est cette fois célébré par tout le monde. Sa puissance et son dynamisme sont intacts. Puisant toujours à la source du blues pour exprimer sa poésie minimaliste, Jamal élabore sa musique en la confrontant au silence. Peu de musiciens réussissent à intégrer ces faux vides dans leurs compositions. Il est de ceux là. Cependant, Ahmad Jamal est aussi de ceux qui déclenchent des tempêtes. Il les affronte avec une assurance digne d'un capitaine au long cours traçant son chemin dans l'océan enragé. A un âge auquel on prend habituellement sa retraite, il en remontre à ses plus brillants cadets.


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